De quoi s’agit-il
La périostite tibiale désigne une douleur du bord interne du tibia, liée à une souffrance des tissus au contact de l’os et de l’insertion des muscles qui s’y attachent.
C’est une atteinte typique de surcharge, particulièrement fréquente lors des reprises et des augmentations rapides de volume. Elle touche souvent les coureurs débutants, les militaires et les sportifs pratiquant des sports à appuis répétés.
Il s’agit d’un phénomène de continuum : à un stade avancé, la souffrance osseuse peut évoluer vers une fracture de fatigue. C’est ce qui justifie de ne pas la banaliser.
Les signes
Une douleur diffuse le long du bord interne du tibia, sur plusieurs centimètres, dans le tiers inférieur ou moyen de la jambe.
Une douleur qui apparaît à l’effort, souvent en début de séance, pouvant s’atténuer à l’échauffement puis revenir ensuite.
Une sensibilité à la palpation du bord de l’os, sur une zone étendue.
Une aggravation progressive au fil des séances si la charge est maintenue.
Les facteurs favorisants
L’erreur de charge — Reprise trop rapide, augmentation brutale du kilométrage, passage sur surface dure, ajout de fractionné.
Le terrain — Course sur bitume, changement de revêtement.
Le chaussage — Chaussures usées, amorti effondré, changement récent de modèle ou de drop.
Les particularités mécaniques — Excès de pronation, pied plat, faiblesse musculaire du mollet et du pied, raideur de cheville.
Les facteurs généraux — Densité osseuse, statut nutritionnel, antécédents de fractures de fatigue. Ces aspects relèvent du médecin.
Le bilan podologique
L’entretien reconstitue l’historique d’entraînement : c’est le point central, la périostite étant presque toujours liée à une progression trop rapide.
L’examen clinique comprend la palpation du bord tibial et la délimitation de la zone douloureuse — étendue ou ponctuelle, une distinction déterminante —, l’examen des appuis, la mobilité de cheville, l’évaluation musculaire et l’examen du chaussage.
La plaque baropodométrique objective la répartition des pressions. L’analyse vidéo sur tapis renseigne sur le déroulé du pas et le comportement de l’arrière-pied.
Le bilan établit le diagnostic. Une douleur localisée sur un point précis fait demander une imagerie avant toute reprise.
L’appareillage
Lorsqu’une indication est retenue, les semelles sont fabriquées au cabinet, par thermoformage et thermosoudage.
L’objectif est de réduire les contraintes transmises à la jambe : agir sur le comportement de l’arrière-pied, limiter un excès de pronation, et améliorer la répartition des appuis.
Comme pour les autres atteintes de surcharge, l’appareillage intervient sur le versant mécanique. La gestion de la charge d’entraînement reste déterminante : aucune semelle ne compense une progression trop rapide.
Le suivi
Un contrôle permet de vérifier la tolérance et l’évolution.
La reprise est progressive et encadrée : réduction temporaire du volume, retour graduel, attention portée aux surfaces. Le renforcement du mollet et des muscles du pied fait généralement partie de la prise en charge, en lien avec le kinésithérapeute.