Une contrainte quotidienne sous-estimée
La chaussure de sécurité est conçue pour protéger le pied d’un écrasement, d’une perforation ou d’un produit chimique. Elle n’est pas conçue pour le confort du marcheur.
Coquille de protection rigide à l’avant, semelle anti-perforation, tige souvent montante, matériaux épais et peu déformables : le pied dispose de peu de liberté et l’amorti est réduit. À cela s’ajoutent le poids de la chaussure et, en Provence, la chaleur.
La différence avec le sport tient à la durée. Un coureur porte ses chaussures une heure. Un opérateur ou un technicien de maintenance porte les siennes huit à douze heures par jour, cinq jours par semaine, toute l’année. Une gêne minime devient significative par accumulation.
Ce qui pèse sur le pied au travail
Les sols durs — Béton, dalles métalliques, caillebotis : aucun de ces revêtements n’absorbe le choc. L’énergie remonte intégralement dans le pied.
La station debout prolongée — L’appui statique maintenu fatigue les structures du pied plus qu’on ne le pense, en particulier l’arche interne.
Les distances parcourues — Sur les grands sites industriels, les rondes et les déplacements entre unités représentent plusieurs kilomètres par poste.
Les escaliers et les échelles — Les barreaux concentrent l’appui sur une zone réduite de l’avant-pied.
La chaleur et la transpiration — Elles favorisent les macérations, les mycoses et les ampoules, et modifient le volume du pied au fil de la journée.
Les postes en 3×8 — La fatigue et les horaires décalés modifient la tolérance à la douleur et la récupération.
Motifs de consultation fréquents
- douleurs du talon, surtout en fin de poste ou au réveil
- douleurs de l’avant-pied et sensation de brûlure plantaire
- ampoules récidivantes toujours au même endroit
- cors, durillons et hyperkératoses liés aux frottements
- ongles douloureux ou noirs, favorisés par la coquille de protection
- macérations et atteintes mycosiques
- hallux valgus douloureux, aggravé par le manque de largeur
- douleurs de genou, de hanche ou lombaires apparues avec un changement de poste
- pieds gonflés en fin de journée
- inconfort persistant malgré un changement de modèle
Le bilan
L’entretien précise le poste occupé, le nombre d’heures de port par jour, les sols pratiqués, les distances parcourues, le modèle et l’âge des chaussures, et le moment d’apparition de la douleur dans la journée.
L’examen clinique porte sur le pied et le membre inférieur : bilan articulaire et musculaire, analyse des appuis, examen des zones d’hyperkératose — leur localisation indique directement les points de surcharge —, et examen de la chaussure elle-même, de son usure et de sa semelle intérieure.
La plaque baropodométrique objective la répartition des pressions plantaires en statique et en dynamique. L’analyse de la marche complète l’examen.
Les semelles
Les semelles sont fabriquées au cabinet, par thermoformage et thermosoudage.
La contrainte est ici le volume. La semelle d’origine est retirée et remplacée : une chaussure de sécurité ne tolère aucune épaisseur supplémentaire, sous peine de comprimer le pied contre la coquille de protection.
La construction tient compte du poids de la chaussure, de la rigidité de la semelle anti-perforation et de la durée de port. Les matériaux sont choisis pour leur tenue dans le temps : une semelle portée dix heures par jour, cinq jours par semaine, subit une sollicitation sans commune mesure avec un usage sportif occasionnel.
Le chaussage
Toutes les chaussures de sécurité ne se valent pas, et les modèles disponibles varient fortement en largeur, en volume et en amorti.
L’examen de la chaussure fait partie du bilan. Lorsqu’un modèle est manifestement inadapté à la morphologie du pied, cette information est utile à transmettre au service de santé au travail ou à l’employeur, qui dispose généralement de plusieurs références.
Le bassin industriel de l’étang de Berre
Le cabinet reçoit des salariés des sites industriels du pourtour de l’étang de Berre et du golfe de Fos.
Le tissu économique de Berre, Fos et Martigues, parfois appelé le triangle d’or de la chimie, concentre pétrochimie, raffinage, sidérurgie, logistique portuaire et maintenance industrielle. La zone industrialo-portuaire de Marseille-Fos regroupe environ 1 500 établissements. Les sites de Lavéra, Berre-l’Étang, La Mède et Fos-sur-Mer emploient des milliers de personnes en chaussures de sécurité.
Les périodes de grands arrêts techniques amènent par ailleurs de nombreux intervenants extérieurs sur les sites, avec des journées longues et des déplacements importants à pied. Ces périodes sont un motif fréquent d’apparition ou d’aggravation des douleurs.
Le cabinet est situé à Carry-le-Rouet, à proximité immédiate de Martigues, Châteauneuf-les-Martigues, Marignane, Gignac-la-Nerthe et Le Rove.