De quoi s’agit-il
L’aponévrose plantaire est une lame fibreuse épaisse, tendue sous le pied entre le talon et la base des orteils. Elle participe au maintien de l’arche interne et à la restitution d’énergie lors de la propulsion.
L’aponévrosite plantaire correspond à une souffrance de cette structure, le plus souvent à son insertion sur le calcanéum. Il s’agit d’une atteinte de surcharge : la structure est sollicitée au-delà de ce qu’elle tolère, de façon répétée.
Le terme de fasciite plantaire désigne la même chose. L’épine calcanéenne, souvent découverte à la radiographie, est une calcification qui accompagne fréquemment le tableau sans en être la cause : de nombreuses personnes en présentent une sans douleur.
Les signes qui font consulter
La douleur des premiers pas — Elle apparaît le matin au lever, ou après une position assise prolongée. Vive au démarrage, elle s’estompe après quelques minutes de marche.
La reprise après repos — La douleur revient après chaque période d’inactivité dans la journée.
La localisation — Sous le talon, plutôt sur sa partie interne, parfois le long de l’arche.
L’évolution à l’effort — Chez le sportif, la douleur peut disparaître à l’échauffement puis réapparaître en fin de séance ou le lendemain.
Ce profil de douleur — maximale au démarrage, atténuée par le mouvement — est suffisamment typique pour orienter le diagnostic.
Les facteurs favorisants
L’augmentation de charge — Hausse du kilométrage, reprise après interruption, changement de terrain, prise de poids, station debout prolongée liée au travail.
Le chaussage — Chaussures usées, amorti effondré, semelle trop souple ou au contraire trop rigide, changement récent de modèle.
Les particularités mécaniques — Excès de pronation, pied creux, raideur de la cheville, tension de la chaîne postérieure et notamment du triceps sural.
L’inégalité de longueur des membres inférieurs, qui déséquilibre la répartition des charges.
Le bilan podologique
L’entretien reconstitue le contexte d’apparition : depuis quand, dans quelles circonstances, ce qui a changé dans les semaines précédentes.
L’examen clinique porte sur la palpation des zones douloureuses, la mobilité de la cheville et du premier orteil, la tension de la chaîne postérieure, l’analyse des appuis et l’examen du chaussage.
La plaque baropodométrique objective la répartition des pressions plantaires, en statique et en dynamique. L’analyse vidéo sur tapis complète l’examen chez les coureurs.
Ce bilan établit le diagnostic.
L’appareillage
Lorsqu’une indication est retenue, les semelles sont conçues à partir de ce bilan et fabriquées au cabinet, par thermoformage et thermosoudage.
L’objectif est de modifier les contraintes appliquées à l’aponévrose : répartir différemment les pressions au niveau du talon, agir sur le comportement de l’arche interne, et adapter la construction aux chaussures réellement utilisées.
L’appareillage s’inscrit dans une prise en charge plus large. Selon les cas, il est associé à un travail d’étirement et de renforcement, à une adaptation temporaire de la charge d’entraînement et à un ajustement du chaussage. La coordination avec le médecin et le kinésithérapeute est fréquente.
Le suivi
Un contrôle permet de vérifier la tolérance de l’appareillage et l’évolution des symptômes. Les délais d’amélioration varient d’une personne à l’autre : cette atteinte évolue généralement sur plusieurs semaines à plusieurs mois.