De quoi s’agit-il
L’hallux valgus est une déviation progressive du gros orteil vers les autres orteils, associée à une déviation du premier métatarsien dans l’autre sens. Cette double déviation fait saillir l’articulation à la base du gros orteil — la proéminence communément appelée oignon.
Il ne s’agit pas d’une simple excroissance osseuse, mais d’une désorganisation de l’architecture de l’avant-pied. C’est une déformation évolutive : elle progresse généralement avec le temps, à une vitesse très variable d’une personne à l’autre.
Les signes
La déformation visible — Saillie à la base du gros orteil, qui dévie vers le deuxième orteil.
La douleur locale — Sur la proéminence, aggravée par le frottement dans la chaussure. Une rougeur ou une inflammation peut apparaître.
Les difficultés de chaussage — Chaussures qui deviennent trop étroites, nécessité de changer de largeur ou de pointure.
Le retentissement sur les autres orteils — Le gros orteil assurant moins bien sa fonction d’appui, la charge se reporte sur les rayons voisins : métatarsalgies, cors, griffes d’orteils, chevauchement du deuxième orteil.
L’intensité de la douleur n’est pas proportionnelle à l’importance de la déformation. Certains hallux valgus marqués sont peu douloureux, et l’inverse existe aussi.
Les facteurs favorisants
Le terrain familial, fréquemment retrouvé.
Le sexe et l’âge — La déformation est nettement plus fréquente chez la femme et progresse souvent avec le temps.
La morphologie du pied — Pied plat, hyperlaxité ligamentaire, premier métatarsien long ou orienté vers l’intérieur.
Le chaussage — Chaussures étroites et talons hauts ne créent pas la déformation mais accélèrent son évolution et majorent les symptômes.
Ce que peut le bilan podologique
Il faut être clair sur ce point : la prise en charge podologique ne corrige pas la déformation osseuse. Aucun appareillage, aucune semelle et aucune orthèse ne remet le gros orteil en place de façon définitive. Seule la chirurgie corrige la déformation.
Ce que la prise en charge podologique vise :
- limiter les douleurs et les conflits avec la chaussure
- améliorer la répartition des appuis et décharger les zones surchargées
- prendre en charge les conséquences sur les autres orteils
- accompagner le chaussage
- suivre l’évolution dans le temps
Le bilan comprend l’examen de la déformation et de sa réductibilité, la mobilité de l’articulation, la recherche de retentissement sur les autres orteils, l’examen des zones d’hyperkératose et du chaussage, et l’analyse des appuis sur plaque baropodométrique.
L’appareillage
Les semelles, fabriquées au cabinet par thermoformage et thermosoudage, visent à améliorer la répartition des appuis sous l’avant-pied et à décharger les zones douloureuses. Elles prennent en charge les métatarsalgies fréquemment associées.
Les orthoplasties sont des appareillages en silicone, moulés directement sur le pied au cabinet. Ils protègent une zone de conflit ou limitent le chevauchement d’un orteil. Ils sont réalisés par Julia Semette.
Les soins de pédicurie prennent en charge les cors et hyperkératoses liés aux frottements.
Et la chirurgie
La question chirurgicale relève du chirurgien orthopédiste. Elle se pose généralement lorsque la douleur devient invalidante ou que le chaussage n’est plus possible, et non sur le seul aspect de la déformation.
Le bilan podologique s’inscrit avant comme après une éventuelle intervention. En postopératoire, la prise en charge des appuis fait partie du suivi habituel, en lien avec le chirurgien.